Opinions de quelques personnalités importantes

Christine Egerszegi-Obrist | Conseillère nationale, Mellingen
Christine Egerszegi-Obrist

Une fois les obstacles techniques franchis, il faut s’attaquer aux obstacles politiques. De nombreux exemples dans le monde montrent que le stockage des déchets radioactifs est possible sans mettre en danger la vie des hommes ni menacer l’environnement. En Suisse aussi nous connaissons les solutions techniques. Mais nous nous heurtons pour le moment encore aux obstacles politiques.

Les déchets radioactifs proviennent non seulement des centrales nucléaires, mais aussi de l’industrie, de la recherche et du secteur de la santé. Les déchets déjà présents ne peuvent être écartés des discussions et d’autres seront encore produits dans le futur.

Il est grand temps de construire, sur le territoire de la Suisse aussi, les dépôts finals nécessaires. Ceci n’exclut pas que nous visions des solutions internationales dans certaines zones, notamment celles où construire son propre dépôt aurait peu de sens en raison des petites quantités à stocker.

Erika Forster-Vannini | Conseillère d’Etat PRD, St-Gall
Erika Forster-Vannini

Il faut maintenant passer aux actes! Toute utilisation d’énergie a son prix écologique. Quand nous conduisons notre voiture et stockons dans l’atmosphère une bonne partie des gaz d’échappement, quand nous faisons une radio de notre mâchoire chez le dentiste ou quand nous appuyons simplement sur le bouton « ON » de notre ordinateur, de la plaque de cuisson ou sur l’interrupteur électrique, nous produisons notre part de déchets.

Concernant les déchets radioactifs, le législateur a fixé il y a des années que les déchets produits en Suisse devraient aussi y être éliminés. Maintenant que nous disposons de suffisamment de résultats scientifiques sur l’importante quantité de déchets faiblement et moyennement radioactifs, il faut passer aux actes, à savoir construire un dépôt final pour ces déchets.

Brigitta M. Gadient | Conseillère nationale UDC, Coire
Brigitta M. Gadient

Prendre ses responsabilités. La solidarité entre les peuples et le développement durable sont des notions clés également pour l’avenir de notre pays. Mais la Suisse n’agit avec crédibilité que lorsque elle-même avance en ayant conscience de ses responsabilités. C’est pourquoi nous résolvons nos problèmes et ne nous contentons pas de les repousser, même et justement s’ils ne sont pas faciles à résoudre. Cela s’applique aussi au stockage final des déchets radioactifs.

C’est aussi et surtout dans l’intérêt de notre jeunesse et des générations à venir que nous sommes tous invités à chercher, dans ce domaine aussi, des solutions sûres et respectueuses de l’environnement.

Andreas Iten | Conseiller d’Etat PRD, Unterägeri ZG
Andreas Iten

Venir à bout de la face cachée du progrès. Une société qui produit des déchets doit aussi être prête à les éliminer et cela dans son propre pays. On ne peut pas enfouir les déchets spéciaux dans le Sahara.

Ces dernières dizaines d’années, nous nous sommes habitués à ne voir et accepter qu’une seule face du progrès et à refouler l’autre. Et ce qui a été refoulé nous assaille aujourd’hui. Nous ne pourrons pas éviter de nous occuper de la face cachée du progrès, soit de résoudre la question de l’évacuation des déchets.

Dr. Georg Stucky | Conseiller national PRD, Baar ZG
Dr. Georg Stucky

Le refus ne résout pas les problèmes. Les efforts entrepris pour l’évacuation sûre du matériel radioactif remontent à 25 ans; les résultats scientifiques sont depuis longtemps disponibles, mais leur application fait défaut.

Ceux qui empêchent les choses d’avancer par de fausses informations permanentes ont réussi à retarder une nécessité d’importance nationale. Comment concilier le fait de combattre l’exportation de matériel radioactif à l’étranger, mais de boycotter le stockage dans son propre pays, d’exiger des centrales nucléaires l’évacuation des déchets en une période déterminée, mais d’empêcher les travaux préliminaires pour cela nécessaires? Seuls des fondamentalistes peuvent vivre avec de telles contradictions; ils sont incapables de solutions pratiques. Mais ces dernières doivent se concrétiser et j’en appelle à la majorité raisonnable de notre population.

Dr. Johannes R. Randegger | Conseiller national PRD
Dr. Johannes R. Randegger

Prospérité et responsabilité. Au début de ce siècle, la Suisse a reconnu à temps et avec prévoyance l’importance d’un approvisionnement en électricité autonome pour sauvegarder son indépendance. La prospérité actuelle repose largement sur cette prévoyance. C’est aussi pour garder cette autonomie d’approvisionnement qu’on a construit les centrales nucléaires aujourd’hui encore exploitées. Fort de ces informations, le peuple suisse a rejeté trois fois l’abandon de l’énergie nucléaire.

Mais les centrales nucléaires produisent des déchets radioactifs qu’il s’agit d’évacuer proprement. Il est donc impensable que notre société jouisse de la prospérité mais lègue aux prochaines générations le soin d’évacuer ses déchets. Notre génération prospère a ici pour tâche d’assumer ses responsabilités.

Odilo Schmid | Conseiller national, Brig VS
Odilo Schmid

Un must! Indépendamment du débat sur l’utilisation de l’énergie nucléaire, nous – partisans et adversaires – ne pourrons pas éviter de nous occuper dans ce pays de l’évacuation sûre des déchets radioactifs déjà produits. Vu la longévité et l’indestructibilité effective de ces substances dangereuses, seule peut entrer en question une évacuation dans un dépôt final soustrait au cycle biologique, protégé selon des critères géologiques pendant plusieurs centaines de milliers d’années et inaccessible aussi à des personnes animées d’intentions criminelles.

Vu la longue durée du stockage final, on ne peut pas se baser uniquement sur des questions de rentabilité courantes. La concurrence incontrôlée n’a ici pas lieu d’être. Le risque est trop grand de voir se développer un tourisme d’exploitation des déchets criminel dans des pays en développement et du tiers monde.

En ce sens, je pense que simultanément à l’élaboration des bases scientifiques pour un concept de dépôt final responsable sur mille générations, il faut adapter aussi les normes relevant du droit pénal et du droit des obligations. Ce n’est qu’en traitant le problème de manière aussi exhaustive que les hommes politiques et les spécialistes pourront ici retrouver la confiance perdue de la population.